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Expertise de l’effondrement
Le 7 octobre

DOCUMENT PUBLIC

Rapport d'expertise

Effondrement de terrain au

N° 23 rue Jean Jaurès à Rumilly en Cambrésis (59)

Avis du Brgm

(Bureau des Recherches Géologiques et Minières)

BRGM/RP-62778-FR

Octobre 2013

Cadre de l’expertise

Appuis aux administrations : x  Appuis à la police de l'eau : x

 

Date de réalisation de l'expertise : 07/10/2013

.

Localisation géographique du site de l'expertise :

n° 23 rue Jean Jaurès à Rumilly en Cambrésis, Département du Nord.

 

Auteur BRGM : JR Mossmann

 

Demandeur : Préfecture du Nord, Service Interministériel Régional des Affaires Civiles et Économiques de Défense et de la Protection Civile (SIRACED-PC)

Page 1

 

L'original du rapport muni des signatures des Vérificateurs et Approbateurs est disponible aux Archives du BRGM.

Le système de management de la qualité du BRGM est certifié AFAQ ISO 9001:2008.

Ce rapport est le produit d'une expertise institutionnelle qui engage la responsabilité civile du BRGM.

 

Ce document a été vérifié et approuvé par :

Approbateur : JR Mossmann en date du 09/10/2013

Vérificateur : C. Mathon en date du 09/10/2013

Le système de management de la qualité du BRGM est certifié AFAQ 1SO 9001:2008.

 

Mots clés : expertise, appuis aux administrations, effondrement de terrain, mouvement de terrain, cavité souterraine, carrière souterraine, commune de Marly arrondissement de Valenciennes, département du Nord.

 

En bibliographie, ce rapport sera cité de la façon suivante :

 

JR MOSSMANN (2013) — Rapport d'expertise : Effondrement de terrain au n° '23 rue Jean Jaurès à Rumilly en Cambrésis (59)— Avis du BROM. Rapport final. BRGM- 62778-FR. 29 p., 16 fig., 2 annexes,

 

© BRGM 2013, ce document ne peut être reproduit en totalité ou en partie sans l’autorisation expresse du BRGM.

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Synthèse

Contexte :

- Date de la formulation de la demande d'expertise au BRGM : 04/10/2013

- Demandeur : Préfecture du Nord, Service interministériel Régional des Affaires Civiles et Économiques de Défense et de la Protection Civile (SIRACED-PC)

 

- Nature de l'expertise du BRGM : Diagnostic de surface suite à l'apparition d'un effondrement de terrain au n° 23 rue Jean Jaurès à Rumilly, en présence, du maire de la commune et des services municipaux, des services de secours (gendarmerie, pompiers), des services experts du département (SEISM), de la ville de Cambrai, du CETE Nord-Picardie, assurance) et de M. Mossmann du BRGM le 07/10/2013

- Situation du site : n° 23 Rue Jean Jaurès à Rumilly en Cambrésis (Nord)

- Date d'occurrence : 04 octobre 2013

 

Faits constatés :

L'intervention du BRGM en date du 07 octobre 2013, a permis de constater un effondrement de terrain sur la parcelle n°1287 Feuille 000 B 03, n° 23 rue Jean Jaurès à Rumilly en Cambrésis.

 

L'effondrement est principalement localisé au droit du chemin départemental 142 dont une dizaine de mètres se sont effondrés. Il se prolonge en partie au moins sous l'habitation occupant la parcelle 1287. Par ailleurs. un fontis est apparu au même moment au niveau de la terrasse de l'habitation.

 

Diagnostic du BRGM

La présence de carrières souterraines et d'effondrements est avérée sur le territoire de la commune de Rumilly en Cambrésis : boves et caves, carrières souterraines ayant également servi d’abri de guerre, sapes, ainsi que des indices mal documentés quant à leur nature exacte et/ou leur localisation précise.

 

L'effondrement résulte de disparition d'une grande partie de la couche de limon argileux constituant le sous sol, suite à une fuite importante d'une canalisation du réseau de distribution de l'eau potable.

 

L’importance du volume d'argile entrainé et la rapidité du phénomène qui s’est déroulé en quelques heures laisse supposer qu'à proximité du sinistre préexiste un vide ayant permis l’évacuation de l'eau de la fuite ainsi que des argiles ne laissant subsister que les blocs au fond du trou.

 

La présence de vides souterrains avérés sur le territoire de la commune représente un élément de prédisposition à l'apparition d'effondrements de terrains. La fuite d'eau importante du réseau représente incontestablement le facteur déclenchant du sinistre.

 

Recommandations du BRGM :

Le sinistre survenu le 04 octobre 2013 sur la commune de Rumilly en Cambrésis peut avoir des conséquences au niveau de la sécurité des occupants des habitations situées sur les parcelles 1287, 1472 et 471. En accord avec les services de secours et après concertation avec le maire de la commune, il a été décidé de faire procéder à l'évacuation de ces bâtiments :

 

- Habitation de la parcelle 1287, 23, rue Jean Jaurès. Nous avons constaté sur le terrain que les fondations de cette habitation sont en partie détruites par le mouvement de terrain, la dalle brisée en plusieurs endroits, provoquant une déstabilisation grave de la structure : le bâtiment risque de s'effondrer sur lui-même et son évacuation immédiate a été prononcée. Les accès à la parcelle ont été fermés.

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- L'habitation parcelle n°471, 38, rue Jean Jaurès. Cette habitation ne présentait pas de désordre apparent lors de la visite du 07 octobre. Cependant, l'excavation provoquée par le sinistre s'étend jusqu'en limite de propriété et s'accompagne d'une auréole de terrains décompressés risquant de provoquer la déstabilisation de la structure du bâtiment. De plus, l'effondrement n'est pas complètement stabilisé et peut encore évoluer, en particulier sous l'effet d'agressions météorologiques. Il a été décidé, en accord avec les services de secours et en concertation avec le maire de la commune, de faire évacuer les occupants de ce bâtiment également. A noter qu'il est impératif de faire couper l’alimentation en gaz de ces habitations.

- L'habitation située parcelle 1472 au 41 rue Jean Jaurès. Cette habitation est directement menacée par la chute du pignon du n°23 : en cas d'écroulement du pignon, (des briques à terre indiquent une évolution défavorable du mur du pignon), les occupants de l'habitation située parcelle 1472 seraient directement exposés. La partie la plus exposée de l’habitation constituant les chambre à coucher il a été décidé, en accord avec les services de secours et en concertation avec le maire de la commune, de faire procéder à l’évacuation de l'habitation jusqu'à ce que le pignon soit démoli et ne présente plus de risque d'écroulement

- La circulation sur le CD 142 a été coupée à l'amont et à l'aval du sinistre à tous véhicules et aux piétons par des cordons de barrières métalliques et des plots séparateurs de voies. Une signalisation de route barrée a été apposée aux vois d'accès au CD 142.

- Compte tenu de la probabilité d'existence d'un ou de plusieurs vides souterrains dans la zone de l'effondrement, il conviendrait de procéder à leur recherche (prospection microgravimétrique complétée par des sondages avec examen vidéoscopique de ceux ayant rencontré des vides francs) afin de préciser leur position et leur géométrie. En effet, leur présence peut représenter un risque lors de la réalisation de travaux de confortement, et pourrait menacer également à l'avenir d'autres habitations ou voies de circulation : faire intervenir un bureau d'études géotechniques qui mènera les investigations nécessaires afin d'évaluer le volume des vides souterrains éventuellement existants ou l'étendue des terrains décomprimés au droit de ce mouvement de terrain, et préconisera les travaux de confortement aptes à assurer, de manière pérenne, la stabilité du site. Les modalités de la campagne de reconnaissance restent de la responsabilité du bureau d'études. Il pourrait s'agir d'une reconnaissance microgravimétrique associée à des sondages de contrôle des anomalies détectées, ou d'une campagne de sondages destructifs avec enregistrements des paramètres de la foration (a minima vitesse d'avancement et pression sur l'outil) et inspection vidéoscopique des sondages qui auront traversé des vides francs.

- L'apparition de ce sinistre laisse penser à l'existence de vides sur une grande partie du territoire de la commune. Même si, dans le cas présent, des facteurs extérieurs ont accéléré et aggravé les conséquences de la déstabilisation de ces vides on ne peut pas exclure qu'ailleurs sous la commune se trouvent d'autres cavités en cours d'évolution qui pourraient provoquer des fontis et exposer la population à des risques. La zone de l’effondrement actuel est une zone particulièrement instable qu'il convient de ne pas fréquenter. Des précautions toutes particulières doivent être prises pour la réalisation de travaux de confortement ou d'exploration, toute activité mécanique dans la zone concernée pouvant provoquer l'aggravation du fontis, ou l’apparition éventuelle de nouveaux fontis.

En attendant la conclusion des études et travaux, la Mairie de Rurnilly en Cambrésis et la Préfecture du Nord doivent être tenues informées de toute évolution significative de l'effondrement de terrain.

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Sommaire

1. fi Contexte      7 fi

2. fi Situation du site     9 fi

2.1 fi Situation géographique de la parcelle   9 fi

2.2 fi Cadre géologique et hydrogéologique  10 fi

2.3 fi Contexte souterrain     12 fi

3. fi Faits constatés    17 fi

4.  fi Diagnostic     21 fi

5.  fi Recommandations    23 fi

6. fi Annexes     25 fi

 

Liste des figures

Fig. 1 : Localisation de la commune        09

Fig. 2 : Localisation du site à l'échelle de la commune et de la parcelle (source : IGN, et cadastre.gouv.fr) 10

Fig. 3 : Contexte hydrogéologique local de l'effondrement (Sources : BRGM IGN)   11

Fig. 4 : Géologie du sondage 00284X0360IF (Source : BSS)      12

Figure 5 Recensement des cavités connues sur le territoire de la commune de Rumilly en Cambrésis (source : bdcavité.net)           13

Fig. 6 : Positionnement de tous les indices de désordre connus sur la commune de Rumilly en Cambrésis (fond de carte : Google Earth)         14

Fig. 7 : Vue de la rue de l'Eglise (actuellement rue Charles Gide) montrant une structure pouvant être l'entrée d'un souterrain (Document transmis par le CETE Nord-Picardie)    14

Fig. 8 : Vue actuelle et passée de la rue de l'Eglise (actuellement rue Charles Gide) La vue actuelle est prise au niveau de l'église Saint Nicolas (cliché Google Map et document CETE Nord-Picardie)  15

Fig. 9 : Vue et localisation sur un extrait cadastral des quatre effondrements de terrain constatés lors de la visite du 07 octobre 2013          17

Fig. 10 : Vue de l'effondrement n°1 le 04 octobre (cliché La Voix du Nord) et le 07 octobre (cliché BRGM)            18

Fig. 11 : Vue de l'effondrement n2 le 07 octobre (cliché BRGM)     18

Fig. 12 : Vue de l'effondrement n3 le 07 octobre (cliché BRGM)      19

Fig. 13 : Etat de la fondation de l'habitation après l'effondrement de la chaussée (cliché BRGM)  19

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Fig. 14 : Vue d'une partie de l'effondrement de la chaussée : la quasi totalité des argiles, d'une épaisseur de 2 à 3 mètres a été emmenée (cliché BRGM)        20

Fig. 15 : Vue du puits de la parcelle 471 le 7 octobre (cliché BRGM)     20

Fig. 16 : Vue d'une partie de l'effondrement de la chaussée les plaques de bitume au fond de la cavité masquent peut être l'exutoire de l'écoulement des argiles (cliché BRGM)    21

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1. Contexte

Suite à l'apparition d'un effondrement de terrain dans la journée du 04 octobre 2013 face au n° 23 rue Jean Jaurès à Rumilly en Cambrésis (Nord), le Service Interministériel Régional des Affaires Civiles et Économiques de Défense et de la Protection Civile (SIRACED-PC) de la Préfecture du Nord a sollicité le BRGM afin d'établir un diagnostic de cet événement.

 

La situation de ce sinistre ayant gravement évolué dans les heures qui ont suivi son apparition, la mairie de Rumilly a convoqué une réunion de crise le 07 octobre en début d'après-midi. Le BRGM s'est rendu sur place pour procéder à l'examen des circonstances du sinistre.

 

Il s'agissait, d'une part, d'expliquer si possible le phénomène et de constater l'étendue des désordres et d'autre part, d'établir un diagnostic en vue de proposer un périmètre de sécurité et de recommander des solutions de réduction du risque.

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2. Situation du site

2.1 Situation géographique de la parcelle

La commune de Rumilly en Cambrésis est située à environ 6 km au sud de Cambrai, dans le canton de Cambrai, arrondissement de Marcoing (Fig. 1). Le n° 3 allée Jean Fragonard est situé au centre de la commune. L'effondrement concerne le CD 142 qui longe la parcelle n° 1287, au 23, rue Jean Jaurès (Fig. 2)

Fig. 1 : Localisation de la commune

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Fig. 2 : Localisation du site à l’échelle de la commune et de la parcelle (Sources IGN, cadastre.gous)

 

Les coordonnées géographiques de l'effondrement sont :

X = 1715813.39;

Y= 9214251.95

Dans le système RGF93 CC50.

 

Et

X= 663 357 m

Y= 2 570 592 m

en Lambert II étendu

 

2.2 Cadre géologique et hydrogéologique

La carte géologique au 1/50 000 (Feuille n°36, Figure 33) indique que le site est positionné sur des limons de lavage et des limons pléistocènes (quaternaire) recouvrant directement la craie du sénonien :

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Fig. 3 : Contexte hydrogéologique local de l’effondrement (Sources : BRGM, IGN)

 

Dans la Banque de données du Sous-Sol (BSS) le sondage 00368X0129/SRV5, situé à environ 300 m au sud de l'effondrement de terrain, indique que le toit de la craie se trouve vers 5 m de profondeur (Figure 4). Il n y a pas de sondage répertorié dans la BSS au droit du site même.

 

La nappe phréatique baigne la craie ; son niveau se trouve à 30 à 40 m de profondeur : la craie est donc «sèche» sur une épaisseur suffisante pour être exploitée en carrière, ce qui explique l'existence de nombreux indices de carrières souterraines six le territoire de la commune.

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Dossier sur le sous-so1 : 00368X0129/SRV5

Fig. 4 : Géologie du sondage 00284X0360/F

 

© IGN 2005 SCAN 25 6 BD CARTO O Convention 8869 /IGN-BRGM, © BRGM

Localisation:

Département : NORD (59)

Commune : RUMILLY-EN-CAMBRESIS (59520)

Région naturelle : ARTOIS-PICARDIE

Adresse ou Lieu-dit : MAIRIE RUE CHARLES GIDE

Coordonnées (Lambert-93)

X : 715777 m  Y : 7003348m

Coordonne« (Lambert 2 étendu)

X : 663305 m  Y : 2570319 m

Altitude : 87 m   Qualité altitude (*) EPD

Profondeur attente : 18 000 m

Cote eau

 

Date fin des travaux : 27/09/1989

Date dossier : 04/06/1980

Date mise à jour : 26/05/1992

 

Nature : SONDAGE

 

De (m) À (m) Description Stratigraphie

00 03 Remblai argile à brique Quaternaire

03 16 Argile à brique Quaternaire

16 25 Argile jaune sableuse Quaternaire

25 45 Argile jaune grasse Quaternaire

45 49 Argile blanche tendre Senonien

49 180 Craie blanche compacte Senonien

Figure 4 : Géologie du sondage 00284X0360/F (Source BSS)

 

2.3 Contexte souterrain

 

La présence de cavités souterraines est avérée sur la commune de Rumilly.

 

En effet, dans ce contexte géologique, on constate que l'épaisseur de terrains meubles (limons et argile) surmontant la craie est variable à I échelle de la commune : ente 1 et 4 à 6 mètres. Ceci permettait un accès et une exploitation faciles de la craie en particulier lorsque la couche d'argile était peu épaisse sous forme de carrières. Dans les zones où l'argile est plus épaisse, il a été possible de creuser des caves (boves). La commune étant située à proximité de zones de combat durant la première guerre mondiale, certaines de ces chambres souterraines ont été transformées en abris de guerre. Des sapes creusées dans l’argile permettaient de se déplacer, en reliant entre eux plusieurs souterrains.

 

D'après les informations disponibles dans la base de données bdcavité (www.bdcavite.net), plusieurs indices de vides souterrains sont recensés sur le territoire de la commune (Fig. 5). Il s'agit de carrières, de sapes de caves ou boves ainsi que d ouvrages militaires.

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Fig. 5 : Recensement des cavités connues sur le territoire de la commune de Rumilly en Cambrésis

(source : bdcavité.net)

 

Une recherche complémentaire a permis de compléter cet inventaire, en particulier à partir de documents transmis le 08 octobre 2013 par le CETE Nord-Picardie, et de précisions apportée par la Direction des Services Techniques de la ville de Cambrai. Si certains indices sont très peu documentés quant à la nature et/ou la position exacte des vides recensés, on constate cependant que la partie « est » de la commune est particulièrement concernée par la présence d'ouvrages souterrains, notamment le long d'un axe rue Charles Gide (anciennement rue de l'Eglise) — rue Jules Ferry, passant à proximité immédiate de la zone effondrée (Fig. 6)

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Fig. 6 : Positionnement de tous les indices de désordre connus sur la commune de Rumilly en
Cambrésis (fond de carte : GoogleEarth)

Par ailleurs, le CETE Nord-Picardie nous a communiqué la reproduction d’une carte postale ancienne de la rue de l'Eglise (actuellement la rue Charles Gide) montrant au premier pian une structure pouvant être l'entrée d'un abri souterrain (Figure 7). L'existence de cet abri aurait été confirmée par les anciens du village.

 

Fig. 7: Vue de la rue de l‘Eglise (actuellement rue Charles Gide) montrant une structure pouvant
être l'entrée d'un souterrain (Document transmis par le CETE Nord-Picardie)

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La photo de la carte postale semble être prise à peu près au niveau de l’église Saint Nicolas, vers le sud (Fig. 8). Le village de Rumilly e été presque entièrement débit lors du conflit de 1914­1918 et l’église a été rebâtie en 1927: il ne reste plus de trace visible de ces abris aujourd'hui, mais les anciens du village mentionnent volontiers avoir connu ou s'être fait raconter l'existence de ces abris.

 

Fig. 8 : Vue actuelle et passée de la rue de l'Eglise (actuellement rue Charles Gide). La vue actuelle
est prise au niveau de l'église Saint Nicolas (cliché GoogleMap et document CETE Nord-Picardie)

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3. Faits constatés

L'intervention du BRGM en date du 07 octobre 2013, a permis de constater un effondrement de terrain sur la parcelle n°1287 Feuille 000 B 03, n° 23 rue Jean Jaurès à Rumilly en Cambrésis.

 

Le sinistre est en fait constitué de quatre effondrements de terrain, dont le principal est localisé au droit du chemin départemental 142 dont une dizaine de mètres se sont effondrés. Il se prolonge en partie au moins sous l'habitation occupant la parcelle 1287. Cet effondrement massif s été précédé de deux affaissements de terrain quelques heures auparavant, affectant le trottoir du 23  rue Jean Jaurès au coin puis le long du mur de l'habitation. Enfin, un fontis est apparu affectant la terrasse de l'habitation  (Fig. 9)

 

Fig. 9 : Vue et localisation sur un extrait cadastral des quatre effondrements de terrain constatés
lors de la visite du 07 octobre 2013

 

D'après la relation des faits (source La Voix du Nord article mis en ligne le 04 octobre 2013), un premier affaissement de terrain (effondrement n°1, figure 10) s'est produit au niveau du coin nord- ouest de l'habitation, affectant le trottoir. Le percement du revêtement a permis de mettre à jour la présence anormale d'eau à cet endroit, faisant penser à une fuite de la conduite d'alimentation de l'habitation. Quelques heures après, un nouvel affaissement est apparu plus à l'est, au niveau de l’habitation (effondrement n°2, fig. 11), affectant de la même façon le trottoir. L'effondrement principal (effondrement n°3, Fig. 12) est apparu subitement quelques heures plus tard, rusant une grande partie de la chaussée au niveau du 123 rue Jean Jaurès, et entraînant l'arrachement d'une partie de la fondation de l'habitation (Fig. 13). Enfin, un forts est apparu (effondrement n4 figure 9) au niveau de la terrasse.

 

Le service technique de la commune a apporté les précisions suivantes importantes sur le déroulement de l'événement :

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- Le vendredi 4 matin à 8h30, tout est normal lorsque l'occupante du 23, rue Jean Jaurès conduit les enfants à récole

- A 9h30 elle appelle la mairie pour signaler des « bruits dans le carrelage », indiquant un début de déstabilisation de la maison (défaut de portance)

- Le technicien de la commune se déplace et constate un affaissement du trottoir (effondrement n°1), puis un second (n° 2) : appel aux pompiers

- Les pompiers ouvrent le trottoir au niveau de l'affaissement 1 et constatent une arrivée d'eau en provenance de la chaussée ; on est dans l’après-midi ; Le responsable des services techniques de la ville de Cambrai et sur place, et indique que des véhicules pouvaient encore circuler sur la chaussée ;

- Recherche de la fuite au niveau de la chaussée : un orifice est ouvert et on constate que 8 à 10 m de canalisation ont disparu (l'eau continue d'arriver car elle n'avait pas encore été coupée à ce moment-là). Un grand vide est présent sous la chaussée, qui est barrée.

- Ouverture du fontis (effondrement 3) vers 21 h/22h le 4 octobre.

- Le dimanche 6 octobre après-midi les propriétaires informent la mairie d'un fontis sous leur terrasse. Le responsable des services techniques de la ville de Cambrai, arrivé sur place à cette occasion, indique qu'à ce moment le fontis au niveau de la chaussée avait gagné près d'1,5 mètre de profondeur par rapport à la profondeur constatée le vendredi soir.

 

Fig. 10 : Vue de l'effondrement ni le 04 octobre (cliché La Voix du Nord) et le 07 octobre (cliché BRGM)

 

Fig. 11 : Vue de l'effondrement n'2 le 07 octobre (cliché BRGM)

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Fig. 12 : Vue de l'effondrement n`3 le 07 octobre (cliché BRGM)

 

Fig. 13 : Etat de la fondation de l'habitation après l'effondrement de la chaussée (cliché BRGM)

 

Lors de la visite, le trou de l’effondrement principal sous la chaussée montrait la disparition presque totale de la couverture argileuse : seuls subsistaient les blocs provenant de la couche de forme et du revêtement de la chaussée (Fig. 14)

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Fig. 14 : Vue d'une partie de l'effondrement de la chaussée : la quasi-totalité des argiles, d'une
épaisseur de 2 à 3 mètres a été emmenée (cliché BRGM)

 

La dimension de l'excavation laissée par la disparition des argiles est d'environ 10 mètres de diamètre, sur une épaisseur de deux à trois mètres, ce qui représente un volume conséquent de matériau argileux qui a disparu brutalement. Ce volume est estimé à 150 m3 environ.

 

Par ailleurs, un puits situé sur la parcelle 471 a été visité par le SEISM le 7 octobre après midi (Fig. 15). Ce puits était profond de 2,5 à 3 mètres environ, et du fond a été ramenée de l'argile ocre très plastique, saturée. Ce puits était avant cette date comblé par des remblais, qui ont disparu. On pense que ce remblai a pu avoir été entaillé par I écoulement des argiles en provenance du fontis.

 

Fig. 15 : Vue du puits de la parcelle 471 le 7 octobre (cliché BRGM)

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4. Diagnostic

 

Une fuite d'eau de la conduite d'adduction d'eau potable est l'élément déclenchant des quatre effondrements constatés, mais l'origine de la fuite n'est pas connue précisément : défaut de la canalisation, ou tassements différentiels précurseurs du fontis qui aurait permis l'évacuation des argiles. Les 200 m3 du réservoir du château d'eau de la commune se sont déversés en quelques heures, entrainant dans un premier temps une saturation des argiles sous la chaussée et sous l'habitation (correspondant à l'épisode de « craquements » reporté par les occupants. Cet état de saturation a conduit à une liquéfaction du sous-sol, permettant l'apparition des affaissements n° 1 et 2. Leur apparition au niveau du trottoir est probablement liée au fait que la résistance des sols au niveau du trottoir est moindre qu'au niveau de la chaussée, destinée à supporter le trafic de véhicules.

 

Pour comprendre l'affaissement r3, il faut imagine l’écoulement en masse des argiles saturées en eau, vers un réceptacle suffisamment grand pour recueillir l’important volume d'argile qui a disparu de façon soudaine. La présence d'une cavité souterraine à proximité ou au droit de l'affaissement peut expliquer l'écoulement brutal des argiles liquéfiées, lors de la rupture du toit de la cavité supposée, rupture facilitée par l'infiltration d'une grande quantité d'eau (entrainement mécanique des particules du sol) et par le surpoids des argiles gorgées d'eau.

 

L'excavation principale est de forme plus ou moins circulaire et ne montre pas directement d'exutoire au niveau des parois. Il est probable qu'un exutoire se trouve au fond de la cavité, masqué par les éléments d'enrobé et de couches de la chaussée (Figure 16)

 

Fig. 16 : Vue d'une partie de l'effondrement de la chaussée les plaques de bitume au fond de la
cavité masquent peut être l'exutoire de l'écoulement des argiles (cliché BRGM)

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L'écoulement en masse des argiles saturées d'eau s'est propagé sous le bâtiment, créant la décompaction des terrains et des vides, et permettant la formation d'un fontis au niveau de la terras (effondrement n°4, survenu le dimanche après-midi).

 

L'Annexe 1 résume de façon schématique la chronologie des événements telle qu'elle peut être proposée. Il s'agit d'une représentation schématique, qui fait apparaître un vide souterrain que nous n'avons pas pu reconnaître et dont nous ne connaissons ni la géométrie, n1 la position exacte, ni la profondeur. Il s'agit de proposer une figuration des différentes étapes qui ont pu conduire à la déstabilisation des terrains et des bâtiments et équipements concernés.

 

L'existence de nombreux indices de cavités souterraines (carrières, ouvrages militaires, boves) sur le territoire de la commune représente un facteur de prédisposition à l'apparition de mouvements de terrains. Les conditions météorologiques, ou des fuites d'eau accidentelles représentent des paramètres aggravant permettant d'accélérer le déclenchement des fontis.

 

Dans le cas présent, il n'a pas été possible de déterminer précisément le facteur déclenchant de la rupture de la canalisation. Il peut s'agir :

- d'un défaut de pose ou d'un défaut mécanique de l'ouvrage, ayant provoqué une fissure. La fuite d'eau engendrée aurait, dans un premier temps saturé les terrains (peu d'infiltration par rapport au débit apporté), jusqu'à provoquer un fontis permettant l'évacuation brutal des terrains argileux ;

- de tassements différentiels du sous-sol résultant de mouvements précurseurs d'un fontis en cours de formation ; II n'est pas impossible que les travaux réalisés, de par les vibrations occasionnées au terrain aient pu accélérer la formation du fontis en cours, expliquant pourquoi c'est justement là qu'il est apparu. Ces tassements différentiels peuvent avoir déformé et abîmé la canalisation, occasionnant la fuite d'eau.

 

Nous ne disposons pas d'éléments à ce jour pour décider entre l'une ou ('autre de ces alternatives.

 

Dans tous les cas cependant, il faut considérer la présence d'un réceptacle souterrain capable de transporter et recevoir un volume conséquent d'argiles (les estimations portent sur un volume estimé de 150 à 300 m3 environ en quelques heures seulement Un simple mécanisme d'infiltration lente avec entraînement progressif de particules fines ne permettrait pas d'arriver à ce résultat Seul un vide souterrain préexistant est susceptible d'expliquer les constatations effectuées.

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5. Recommandations

Le sinistre survenu le 04 octobre 2013 sur la commune de Rumilly en Cambrésis peut avoir des conséquences au niveau de la sécurité des occupants des habitations situées sir les parcelles 1287, 1472 et 471. En accord avec les services de secours et après concertation avec le maire de la commune, il a été décidé de faire procéder à l'évacuation de ces bâtiments :

 

- Habitation de la parcelle 1287, 23, rue Jean Jaurès. Nous avons constaté su- le terrain que les fondations de cette habitations sont en partie détruites par le mouvement de terrain, la dalle brisée en plusieurs endroits, provoquant une déstabilisation grave de la structure : le bâtiment risque de s'effondrer sur lui-même et son évacuation immédiate a été prononcée. Les accès à la parcelle ont été fermés.

- L'habitation parcelle n° 471, 38, rue Jean Jaurès. Cette habitation ne présentait pas de désordre apparent lors de la visite du 07 octobre, Cependant, l'excavation provoquée par le sinistre s'étend jusqu'en limite de propriété et s'accompagne d'une auréole de terrains décomprimés risquant de provoquer la déstabilisation de ta structure du bâtiment. De plus, l'effondrement n'est pas complètement stabilisé et peut encore évoluer, en particulier sous l'effet d'agressions météorologiques. Il a été décidé, en accord avec les services de secours et en concertation avec le maire de la commune, de faire évacuer les occupants de ce bâtiment également A noter qu'il est impératif de faire couper l'alimentation en gaz de ces habitations.

- L'habitation située parcelle 1472 au 41 rue Jean Jaurès. Cette habitation est directement menacée par la chute du pignon du n° 23 : en cas d'écroulement du pignon, (des briques à terre indiquent une évolution défavorable du mur du pignon), les occupants de l'habitation située parcelle 1472 seraient directement exposés. La partie la plus exposée de l'habitation constituant les chambre à coucher, il a été décidé, en accord avec les services de secours et en concertation avec le maire de la commune de faire procéder à l'évacuation de l'habitation jusqu'à ce que le pignon soit démoli et ne présente plus de risque d'écroulement

- La circulation sur le CD 142 a été coupée à l'amont et à raval du sinistre à tous véhicules et aux piétons par des cordons de barrières métalliques et des plots séparateurs de voies. Une signalisation de route barrée a été apposée aux vois d'accès au CD 142.

- Compte tenu de la probabilité d'existence d'un ou de plusieurs vides souterrains dans la zone de l'effondrement, il conviendrait de procéder à leur recherche (prospection microgravimélrique complétée par des sondages avec examen vidéoscopique de ceux ayant rencontré des vides francs) afin de préciser leur position et leur géométrie. En effet leur présence peut représenter un risque lors de la réalisation de travaux de confortement, et pourrait menacer également à l'avenir d'autres habitations ou voies de circulation: faire intervenir un bureau d'études géotechniques qui mènera les investigations nécessaires afin d'évaluer le volume des vides souterrains éventuellement existants ou l'étendue des terrains décomprimés au droit de ce mouvement de terrain et préconisera les travaux de confortement aptes à assurer, de manière pérenne, la stabilité du site. Les modalités de ta campagne de reconnaissance restent de la responsabilité du bureau d'études. Il pourrait s'agir d'une reconnaissance microgravimétique associée à des sondages de contrôle des anomalies détectées, ou d'une campagne de sondages destructifs avec enregistrements

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des paramètres de la foration (a minima vitesse d'avancement et pression sur l'outil) et inspection vidéoscopique des sondages qui auront traversé des vides francs.

- L'apparition de ce sinistre laisse penser à l'existence de vides sur une grande partie du territoire de la commune. Même si dans le cas présent, des facteurs extérieurs ont accéléré et aggravé les conséquences de la déstabilisation de ces vides, on ne peut pas exclure qu'ailleurs sous la commune se trouvent d'autres cavités en cours d'évolution qui pourraient provoquer des fontis et exposer la population à des risques. La zone de l'effondrement actuel est une zone particulièrement instable qu'il convient de ne pas fréquenter. Des précautions toutes particulières doivent être prises pour la réalisation de travaux de confortement ou d’exploration, toute activité mécanique dans la zone concernée pouvant provoquer l'aggravation du fontis, ou l'apparition éventuelle de nouveaux fontis,

 

En attendant la conclusion des études et travaux la Mairie de Rumilly en Cambrésis et la Préfecture du Nord doivent être tenues informées de toute évolution significative de l’effondrement de terrain.

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ANNEXE

 

Annexe 1 :

a) Schéma conceptuel de l’événement

b) Extrait du PLU de la commune

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Pages 26, 27 et 28 vides

 

Annexe 2


Sollicitation de la Préfecture

Message d'origine

De : MAGRAS Maritime PREF59 (mailto:maryine.magras@nord.gouv.fr)

Envoyé : vendredi 4 octobre 2013 11:10

À : Mossmann Jean-Remi; Picot Julie

Cc : CARREGA Chloe PREF59

Objet : Effondrement Rumilly en Cambrésis

 

Bonjour,

La mairie de Rumilly en Cambrésis vient de me faire part d un effondrement de terrain sur le territoire de la commune.

Une maison a été évacuée, des fissures ayant apparus. Des cavités souterraines existent sur cette commune. Par ailleurs des travaux de veine ont été effectués dans le secteur. Enfin, il a été relevé une baisse de la pression d’eau depuis ce matin. Les pompiers et la gendarmerie se sont rendus sur place, de même que l'entreprise ayant réalisés les travaux.

La maison sinistrée est située au 23, rue Jean Jaurès, à :ange du carrefour (propriétaires M et Mme …)

Mme : Martine GOULOIS. DGS de la commune peut être jointe pour tous renseignements au 03 27 37 27 43 (ligne directe), de même que Monsieur Gérard CATEAU, technicien de .a commune.

Téléphone de la commune : 03 27 37 51 92

Merci de ben vouloir intervenir rapidement.

Cordialement,

Maryline MAGRAS

SIRACED.PC

Adjointe au Clef du Bureau de la Prévention

03.20.30.57.49

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